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Spaghetti à l’ail, à l’huile et au piment

Sachant que cette année le 2 novembre marquerait le 45ème anniversaire de la mort de Pier Paolo Pasolini, j’avais envie de lui rendre hommage, à ma façon. Alors j’ai profité de cette petite anecdote sur les spaghetti à l’ail, à l’huile et au piment, que je vais vous raconter, pour le faire. Malheureusement, je ne pensais pas que cet hommage serait autant chargé de sens. Et là je ne parle pas de pâtes…

Pier Paolo Pasolini était un grand, que dis-je, un très grand, parmi les plus grands, peut-être LE plus grand poète, artiste, intellectuel italien du XXe siècle. Aussi bien à l’écrit qu’à l’écran, il n’a eu de cesse de défendre les classes populaires, agricole ou prolétaire, et d’analyser, de critiquer l’Italie post-fasciste, l’Italie violente des années de plombs, marquée par les attentats d’extrême droite et d’extrême gauche, aux prises avec le capitalisme, la montée en puissance de la télévision et l’ignorance de la société de consommation alors naissante.

Je suis Pasolini…

Celui qui se découvre, ou avoue, 
ou ne craint pas le ridicule,
finit mal : c’est la loi.

Pier Paolo Pasolini, Qui je suis.

Seulement voilà, dans ce contexte, Pasolini a osé dépasser les limites, mettre en scène la pauvreté, mais aussi mettre en scène les passions, les vices, la violence, la perversion. Il a osé le blasphème, à maintes reprises, pour exprimer librement sa pensée et sa vision humanistes, souvent incomprises. Mais s’exprimer aussi librement dans l’Italie des années 60-70, l’Italie violente des années de plombs, ça dérange. C’est dangereux, même. Puis, Pasolini ne faisait pas que s’exprimer librement, il incarnait la provocation et le scandale. Il voulait interpeller, questionner, faire réagir. Il savait qu’il prenait des risques, mais il a continué de créer et d’écrire librement. 

La suite vous la connaissez, il a été assassiné, dans une sauvagerie, une barbarie sans nom par on-ne-sait-trop-qui, finalement… 

45 ans plus tard, sa poésie reste actuelle et nécessaire. Cet hommage est l’occasion pour moi de partager un message : lisons et écoutons la voix de nos poètes ! Nourrissons nos enfants de Poésie, d’Art, de Culture, et de toutes les cultures. Développons leur sens critique, leur amour des autres et de la liberté, car ils sont l’avenir. “La poésie sauvera le monde” – poke à Jean-Pierre Siméon – car c’est notre seule chance de ne pas tomber dans la folie de l’obscurantisme et de la terreur.

Un mot sur la recette (quand même !)

La dernière chose qu’aurait faite Pasolini avant de mourir ? 
Manger un plat de spaghetti aglio, olio e peperoncino à la Trattoria Al biondo Tevere – ou du moins le commander pour son présumé assassin, Pino Pelosi. C’est donc la recette hommage de cette semaine !

Les spaghetti à l’ail, à l’huile, et au piment, c’est un peu les pâtes de l’improviste.
À l’image de Pasolini, qui les commanda à plus de 23h le 1er novembre 1975, alors que le restaurant était en train de fermer, c’est le plat que l’on mange tard dans la soirée, après un apéro à rallonge qui se transforme en repas entre amis ; ou que l’on prépare en pleine nuit, parce qu’on a fait la fête et qu’on a un petit creux en rentrant ; parce qu’on est pressé.e, ou parce que le frigo est vide, simplement !

Bref, c’est LA recette-vite-faite de base que doit connaître tout bon-vivant amateur de pâtes (pléonasme 😛 ) !

Sur ce, lisez, riez, dansez, chantez et mangez des pâtes !

Spaghetti aglio, olio e peperoncino

  • Portions: 4
  • Difficulté: facile
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Ingrédients

400 g de spaghetti

1 gousse d’ail

Huile d’olive vierge extra

Sel

1 piment

Instructions

  1. Mettez à chauffer une grande quantité d’eau dans une marmite. Lorsque l’eau bout, salez-la et plongez-y les spaghetti.
  2. Épluchez l’ail, lavez le piment, et émincez-les. Puis, faites-les dorer dans une sauteuse avec de l’huile d’olive bien chaude.
  3. Une minute avant la fin de la cuisson des pâtes, égouttez-les bien et versez-les dans la sauteuse. Finissez ainsi la cuisson et mélangez tous les ingrédients en les faisant sauter. Ajoutez de l’huile fraiche si besoin.
  4. Servez et dégustez (avec un peu de fromage râpé italien, si ça vous chante) !

Petits plus : La variante pour ce plat sont les spaghetti aglio e olio tout court : parfait pour ceux qui n’aime pas le piment. Cela dit, pour relever un peu le plat, vous pouvez remplacer le piment par du poivre noir.

Si l’idée d’avoir de l’ail sous la dent ne vous enchante guère, faites revenir la gousse d’ail entière, juste écrasée avec le dos d’un couteau, et retirez-la une fois que l’huile ce sera bien parfumée.

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